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  • lespasseurs02

DOCU-DÉBAT - SERENT


VENDREDI 23 février- 20H30

Maison de la Commune - SERENT

Entrée libre


UN PEU DE LA BEAUTÉ DU MONDE

Un film de Sophie AVERtY

2021 | France | Documentaire | 59 min


Au début des années 70, de vieux paludiers et quelques jeunes soixante-huitards utopistes s'unissent pour s’opposer à un projet de rocade qui aurait signé la disparition des marais salants. Après dix ans de lutte et la victoire au bout, ils se lancent dans une autre bataille : créer une coopérative pour pouvoir vivre de la récolte du sel.

Cinquante ans après, les pionniers ont transmis le flambeau à une jeune génération elle aussi en quête de sens ; ils nous racontent les décennies de lutte et d’engagement pour sauver ce site aujourd'hui classé.

En présence de la réalisatrice Sophie AVERTY




A PROPOS DU FILM

Article rédigé par Yan Gauchard

LE MONDE

A travers les portraits de plusieurs générations de « culs salés », le reportage de Sophie Averty retrace l’histoire des luttes collectives sur les marais salants de Guérande.

On réécrit trop souvent l’histoire à son goût. Voyez par exemple l’office de tourisme de La Baule et de la presqu’île de Guérande (Loire-Atlantique) qui vante « le paysage grandiose » des marais salants, « façonné par la main de l’homme depuis des siècles ». Si elle est juste, la description du site, deux fois millénaire, biffe un élément important : les marais ont failli disparaître du paysage au début des années 1970.

                 

La longue bagarre qui a opposé les paludiers à de nombreux maires du territoire est souvent enfouie sous des tas de mulons. La réalisatrice Sophie Averty a eu la bonne idée d’exhumer l’histoire de cette première ZAD surgie en Loire-Atlantique bien avant la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dans son documentaire Guérande, un peu de la beauté du monde.

            

Au début des années 1970, Olivier Guichard, maire de La Baule (de 1971 à 1995) et ministre de l’aménagement du territoire, a des rêves de grandeur et de béton. Ce baron du gaullisme soutient un projet de rocade entre La Baule et Le Croisic. On parle d’une marina et de nouvelles résidences gagnées sur les terres des paysans de la mer, surnommés de manière dédaigneuse les « culs salés ». « C’était “Chronique d’une mort annoncée” », témoigne Alain Courtel, devenu une figure de la lutte, après s’être pris de passion pour le marais.

            

Chantiers d’équipe

            

Paludier est alors « un métier de misère », placé sous la domination des Salins du midi. Mais voilà que des jeunes gorgés d’idéaux – dont bon nombre de soixante-huitards – débarquent dans le paysage, s’allient avec les anciens et sonnent la mobilisation. Jusqu’à ce que les élus déjugent le projet en 1978.

Une autre aventure commence. « Pour empêcher les marais de disparaître, on avait besoin de producteurs, énonce Charles Perraud, installé sur la zone après des études en sociologie. Il fallait donc avoir un vrai projet et redonner toutes ses lettres de noblesse au sel. » Un groupement d’exploitants voit le jour en 1972, une formation professionnelle suit peu de temps après. En 1988, plus de 200 professionnels se regroupent en coopérative, hissant le sel de Guérande au premier rang des sels d’origine en France. « On a réussi à sortir les marais du marasme et on peut désormais vivre de notre métier », témoigne François Lecallo.


Sophie Averty met en avant les chantiers d’équipe – curage des vasières, restauration des digues – comme les gestes des femmes et des hommes qui manient le las, instrument permettant de récolter le gros sel, avec la grâce des pratiquants de tai-chi.

            

La force du collectif, teintée d’audace à l’occasion, irradie le film. Comme lorsque les paludiers « détournent », après le naufrage de l’Erika en 1999, un camion charriant le sable des plages polluées, pour contrer le discours rassurant des autorités et ainsi démontrer qu’ils ont raison de fermer les entrées d’eau du marais et de refuser de produire du sel durant l’été qui suit. « C’est une lutte qui a du sens, autour de l’écologie et du collectif, souligne Sophie Averty. On a bien besoin d’entendre des histoires comme celle-là dans la période que l’on vit. » Inspirant et vivifiant comme le bon air iodé de la mer.















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